Archives Mensuelles: septembre 2014

[Portrait] Jibé, artiste au joli coup de cra(L)yon.

Japan Expo, édition 2014. Accolé au stand de Nintendo qui envoie des murs de sons de basse, celui de Pix’n Love, beaucoup plus modeste, répond une fois de plus présent. Cette année, mon passage me permet de faire la rencontre de Jibé, artiste résidant à Lyon à qui l’on doit la BD en pixel art Basse Def chez Omake Books, entre autres. Déjà fan de son coup de crayon avant l’événement, j’en ai profité pour en apprendre plus sur son parcours.

JIBE-header

La découverte du dessin

Pour Jean-Baptiste Pollien alias Jibé, la BD commence en classe de seconde, autrement dit en 1996. Depuis la maternelle, il dessine toujours un peu dans les marges de ses cahiers, mais contrairement à la plupart des gosses qui arrêtent avec le temps, lui, continue.

jibé

 

Jibé (crédit photo : Chloé Vollmer)

« J’étais ‘celui qui dessine’. J’avais essayé de raconter des histoires en BD sans vraiment y arriver, puis un ami m’a poussé à le faire plus sérieusement en m’écrivant une histoire dans le genre cyberpunk. J’ai pris la tâche très au sérieux, inspiré par des œuvres que je découvrais à peine à l’époque comme Gunnm ou HK, et je terminais mon année scolaire en ayant noirci une quarantaine de planches, ce qui correspondait grosso modo à l’introduction de ladite histoire, beaucoup trop ambitieuse pour mes jeunes épaules d’ado. J’y passais une bonne partie de mon temps libre, si bien que conjugué à mon médiocre niveau scolaire, j’ai dû redoubler ma seconde. Mais j’avais trouvé un centre d’intérêt qui allait me guider dans les années à venir. »

C’est d’ailleurs à cette époque qu’il se lance dans la création de son premier fanzine : le journal du lycée nommé Le Pitoyable. Dès le départ, il intègre l’équipe un peu par hasard, ce qui lui permet de publier ce qui lui passe par la tête : des BDs épisodiques, des gags en une planche, des illustrations, des couvertures et même divers articles.

Sans-titre-1

 

« Etant un des rares dessineux du lycée, j’avais les coudées franches pour y faire ce que je voulais, au risque de créer des récits cryptiques comme mon fameux récit cyberpunk, et incompréhensibles, surtout quand le service de reprographie du lycée intervertissait des planches sans faire attention. J’ai pris goût à la publication régulière de mes planches et à la rédaction d’articles. J’y ai appris à garder un bon rythme pendant 3 ans (le journal était mensuel, ça me faisait environ 10 planches par mois) et même à « diriger », autant que faire se peut, une petite équipe quand j’ai pris les rennes du journal dans ma dernière année au lycée. »

Une fois le bac en poche, l’artiste en herbe doit trouver un autre moyen de publier ses histoires. Ignorant tout de la publication en ligne, il cherche alors désespérément un support papier. « Après quelques vicissitudes, j’ai fondé avec un ami un fanzine BD baptisé Jump. En toute modestie, bien sûr. Là, je reprenais mon récit cyberpunk et je participais en parallèle au fanzine Manga World qui, comme son nom l’indique, traitait de manga. C’est l’époque où j’ai dû fréquenter ces salons manga naissant comme Japan Expo, à l’époque où c’était une infâme étuve étalant sa sueur le long de la Seine. Les publications ont périclité en quelques années, faute de motivation, de distribution efficace et de moyens financiers… »

Couverture n°3

 

Sans Emploi > Pôle Emploi

Jibé doit alors mettre sa passion de côté afin de trouver un emploi qui tarde à se présenter. Durant sa longue période de chômage post-études, il ressent le besoin d’exprimer toute la frustration accumulée depuis plusieurs mois. « Les premiers strips de Sans Emploi étaient clairement fait pour moi. Je vivais alors chez mes parents qui, bien que compréhensifs, tentaient de me motiver, et je n’aimais pas l’incertitude de l’avenir. J’avais aussi en tête de réaliser une série sous forme de comic strip depuis quelques temps, et j’avais enfin trouvé un sujet : le chômage. Je n’ai alors dessiné que huit gags, cet exercice cathartique étant finalement plus néfaste à mon moral qu’autre chose. »

Ce n’est qu’un an plus tard, en août 2005, tandis qu’il obtient son premier job en CDI, qu’il décide de reprendre cette série n’ayant pas encore de nom. Il découvre au passage qu’il s’avère possible de publier ses dessins en ligne très facilement, grâce à la prolifération des plateformes de blog. « Je suis un peu long à la détente, parce que j’avais moi-même un blog texte depuis quelques mois déjà. Et il s’appelait déjà Chez Jibé. J’ai donc publié les huit vieux strips, et poussé par la torpeur estivale et le temps libre qui en découlait, je leur ai donné une suite. Et j’ai ouvert dans la foulée sansemploi.com en septembre 2005. »

780

Bien entendu, on trouve un peu de Jibé dans Sans Emploi, à tel point que le personnage aurait limite pu s’appeler Jean-Baptiste afin de renforcer le petit côté auto-biographique. L’intéressé précise. « Les huit premiers strips de Sans Emploi étaient très personnels, vu qu’ils n’étaient pas destinés à être montrés. Il n’y avait donc pas de nécessité à baptiser le héros, et encore moins la série. J’ai voulu garder cet état de fait dans la première saison. Comme je commençais le travail de scénarisation un peu plus sérieusement et je voulais garder la révélation du prénom du héros pour la fin de l’histoire. Techniquement, je n’avais pas vraiment besoin de nommer le personnage principal, je voulais qu’il soit personne et tout le monde à la fois. Et naturellement, au bout de 100 strips, il me ressemblait de moins en moins. »

Jibé demande alors à ses lecteurs de l’époque de lui donner un nom. Entre diverses propositions farfelues comme ‘Pierrot la lune’, c’est finalement Constantin qui est retenu. Un sobriquet que l’on doit à un certain Tomma des forums de Gamekult.

800

Parti de pas grand chose, Sans Emploi accorde de plus en plus de place à la narration au fil des strips et des saisons. Des envies narratives qui sont vraiment venues au fur et à mesure, d’après l’auteur. « Je me suis pris au jeu de la mise à jour quotidienne et j’aimais bien retrouver un rythme de parution régulier. Le seul souci, c’est qu’avec le thème que j’avais choisi et l’angle d’approche avec un personnage un peu mou, il risquait très rapidement de ne plus rien se passer. J’ai dû donc mettre en place une légère scénarisation, des prétextes à situation… C’est allé en se complexifiant à mesure que le récit avançait et pour la saison 3, j’ai eu envie de profiter de tout ce décorum pour faire un récit long. Pour finalement revenir au format strip. Pour à nouveau refaire un récit long. Et re-strip derrière. »

page139_2

Le 4 cases à la Mafalda est un art vraiment beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît. Jibé explique pourquoi il s’est tourné vers ce genre si spécifique. « Au départ, j’ai opté pour ce format parce qu’il m’attirait : je le trouvais pratique, concis et efficace. J’avais pu lire quelques Mafalda en cours d’Espagnol, des strips dans des revues comme Spirou ou Mickey, ou des Peanuts. C’était aussi l’époque où le Retour à la terre de Larcenet et Ferri sortait et où Frantico était publié quotidiennement en ligne.

Mais c’est surtout le fait de pouvoir produire rapidement qui m’a le plus parlé. Dans l’optique de faire une BD par jour, c’est le format idéal. Je me suis rendu compte par la suite que c’était un exercice de style pas forcément évident à maîtriser : si on peut se permettre d’avoir un style graphique léger, il faut absolument maîtriser le rythme, de la mise en situation jusqu’à la chute. J’ai essayé d’apprendre sur le tas. »

Pour la version papier, Jibé entend retravailler en profondeur toute la matière présente sur son blog. Il dégote quelques bouquins de strip, comme des Peanuts ou encore Nos voisins les Yamada. Au final, il n’y trouve pas vraiment de réponse, aimant bien ses strips comme ils étaient. Il ne retouche donc que l’aspect graphique. De toute façon, Sans Emploi est avant tout une « atmosphère, une ambiance plutôt qu’une simple histoire avec un début et une fin. Il n’y a d’ailleurs pas vraiment de début ou de fin en l’état actuel ».

Super À l’Est

Se cantonner à du format court peut peser sur le long terme, surtout quand on a envie de raconter des histoires. C’était le cas d’Alexandre Astier pour Kaamelott, le bonhomme ayant très rapidement envie de sortir du décor carton-pâte et des petits épisodes de quelques minutes. Sans Emploi, lui aussi, a besoin de sortir du quatre cases pour être autre chose que de petites tranches de vies avec un fil conducteur.

« C’est quand j’ai besoin de plus de place pour raconter une histoire que je change de format, comme avec la saison 3 et surtout la saison 6, que j’ai sorti en livre en février dernier sous le nom À l’Est. Comme je n’ai pas vraiment d’impératif éditorial, je jongle avec les formats comme je le veux : je ne veux pas me limiter à un seul genre de narration pour une même série. »

product_thumbnail

À l’Est sort en mars 2014. Jibé revient sur la genèse de cette BD qui a clôturé une décennie de Sans Emploi. « Je suis parti en vacances au Japon en 2007. C’était un projet de longue date et j’en suis revenu avec l’envie de raconter ce voyage. Mais faire de l’autobio stricto sensu m’ennuie. J’ai donc digéré différent aspects de mon séjour, j’y ai ajouté des éléments de fictions, retouché l’ensemble et « voilà ». Je trouvais que c’était une bonne idée de sortir Constantin de sa zone de confort, avec le risque que ça le change un peu, et donc de perdre peut-être l’essence même de Sans Emploi. Mais en même temps, ça pouvait être une conclusion acceptable pour cette série. »

Initialement, l’auteur veut éviter à tout prix un « happy end » pour son protagoniste Constantin. Il n’est pas envisageable que les lecteurs suivent les mésaventures d’un loser qui évoluerait du paria au winner intégral. « Je ne voulais pas que la conclusion soit « et à la fin, il a un travail »… Je trouve ça triste. Pourtant, tout dans ma vie me faisait tendre vers cette conclusion, puisque c’est ce que je vivais moi. Et comme une bonne partie de l’inspiration de Sans Emploi provient de ce que je pouvais vivre, je ne pouvais plus continuer à raconter la vie d’un chômeur : je ne connaissais plus très bien cette situation », confie Jibé.

Il tente donc de raconter autre chose avec Constantin, en orientant plus le récit vers des histoires sentimentales. Après une saison 7 post-voyage au Japon, il a des plans pour des saisons 8 et 9 mais a vraiment le sentiment de tourner en rond. Il faut rajouter à ça la sortie des deux livres aux éditions Marabulles, où il redessine entièrement l’équivalent de 4 saisons, plus autant en inédits… Plus que jamais, afin de ne pas arriver à l’overdose, il se devait de raconter autre chose que les aventures de Constantin.

Sansemploi-annonce01

Avec le recul, il garde un sentiment globalement positif sur Sans Emploi. « C’est le récit qui m’a permis de me faire une petite place en ligne, de rencontrer du monde, de publier mes premiers livres… C’est aussi le récit avec lequel j’ai essuyé les plâtres, aussi bien dans le récit que dans la vraie vie.

Quand je repense aux débuts… Je dessinais le strip sur papier le matin pendant la pause café de mes collègues d’alors et j’usais alors de mes meilleures techniques de ninja pour scanner l’encrage sur le copieur qui trônait au milieu de l’open-space. Ensuite, à la faveur d’un emplacement dos au mur, je pouvais colorier mon strip à la souris, en faisant gaffe aux interruptions inévitables de mes collègues. Je suis devenu un pro du alt/tab… Cela a duré pendant les deux premières saisons et on y ressent bien encore aujourd’hui l’urgence avec laquelle ça a été créé.

Le retour des lecteurs a été bon dans l’ensemble. J’ai jamais eu des hordes de haters, je ne sais pas si c’est bon signe… Je pense surtout que Sans Emploi était un récit assez inoffensif, peut-être trop tiède, et ce n’est pas avec ça qu’on déchaîne les passions. Les réactions en générale portaient plus sur l’empathie avec Constantin. J’ai quand même pu récolter quelques MSN, à l’époque où ça existait, et discuter avec de stricts inconnus. Enfin, avec les livres, j’ai pu enfin voir mes lecteurs en vrai, et tout ce que je peux dire c’est que ce sont des gens extrêmement bien élevés, beaux et qui sentent bon.

Couv_175245

Quand je relis le premier livre, je me demande comment on a pu publier ça quand même… C’est sincère mais c’est décousu, une sorte de fourre-tout pas très équilibré. Je préfère le second, même s’il n’est pas exempt de tout reproche aussi. Enfin, quand je me balade dans les rayons BD et que je vois les publications de Marabulles, l’éditeur de Sans Emploi, je me demande ce qu’a foutu Constantin dans cette collection : c’est très girly, naïf voire cucul. C’est comme ça qu’on percevait Sans Emploi ? Au milieu des anecdotes shopping et de la vie de jeune papa ? J’ai l’impression d’une erreur de casting. D’ailleurs, qu’on ne s’y trompe pas : mon éditeur ne m’a plus jamais donné signe de vie après le second livre, sorti en toute discrétion. »

On le verra plus loin, mais Jibé adore les choses carrées. Pour les livres, il créé une sorte d’histoire parallèle au blog, et des personnages doublons pour les deux histoires. « J’essaie encore de trouver comment fusionner ces deux branches à nouveau en une seule. Parce qu’il n’est pas impossible que Constantin revienne un jour… »

Un style épuré

Avec son trait immédiatement reconnaissable, Jibé possède un style simple et efficace. Depuis 5 ans déjà, il bosse uniquement sur tablette graphique mais auparavant, il passait systématiquement par un crayonné sur papier qu’il scannait et encrait sur ordinateur. « Les deux livres de Sans Emploi ont des crayonnés sur papier, ce qui n’est pas le cas sur mes livres suivants. Au lycée et durant mes études, c’était plume et encre de Chine, plus des trames comme dans les mangas. Je touche aussi parfois à l’aquarelle, j’aime bien ce rendu et c’est aussi la seule technique de couleur directe que je maitrise un peu. Ne me parlez pas de gouache, par exemple. »

Certains dessinateurs de BD comme Frederik Peeters adaptent leurs trait et technique selon les projets en cours. Jibé aime également modifier son style et son traitement en fonction du récit. « Je vois parfois des dessinateurs dont on reconnait le trait en toute circonstance : qu’importe le style de récit ou le format, on sait que c’est eux. Je suis admiratif de ça car cela donne une vraie signature à son travail, une personnalité propre. J’aimerais bien y arriver.

TDC

Mais je ne sais par quel malheureux réflexe, je change à chaque fois de trait. Sans Emploi ne ressemble pas à Basse Def, qui ne ressemble pas à Trafic de Confiture ou aux différentes illustrations que je peux faire… En fait, à chaque fois, j’essaie de trouver le moyen le plus rapide et le plus esthétique d’arriver à mon but. Je mets littéralement en place un process de production rationnalisé qui me permet de finir mon récit avant que je me démotive et que j’aie envie de passer à autre chose. C’est assez terrible comme constat, mais je préfère être lucide sur le fait que je me lasse assez vite de mes projets. »

Changer de trait lui permet ainsi de renouveler son intérêt, de découvrir d’autres techniques et de se lancer des défis, comme le rendu pixel art de Basse Def, par exemple.

G3

Depuis 2001, Jibé travaille sur ordinateur, année durant laquelle il s’achète son premier ordinateur pour environ 10 000 francs : un iMac G3 avec un lecteur DVD, « une petite merveille à l’époque. » Sur son disque dur de 20 Go, il s’empresse donc d’installer Photoshop 5.5 qu’il avait pu tester quelques mois plus tôt. « Durant les années lycées, j’agrémentais mes planches avec des trames. Le problème c’est qu’une planche de trame coûtait les yeux de la tête et que surtout, la production arrivait à son terme en France, pour cause d’obsolescence. Un ordinateur me donnait un nombre illimité de trame, les possibilités étaient infinies… C’était la raison première de son achat. »

cintiq-12wx-content

Jibé avoue avoir envie de redessiner intégralement sur papier. D’ailleurs, le récit qu’il a réalisé pour les 24 heures de la BD cette année a été fait avec cette idée en tête. « Les dédicaces sont aussi un moment sympa pour m’y remettre, mais malheureusement je n’ai pas trop le temps d’approfondir. Je voudrais bien aussi investir dans une Cintiq, une tablette graphique haut de gamme où l’on dessine directement sur l’écran. Mais dans l’ensemble, je pense que la technologie m’a fait devenir plus productif… ou paresseux, ça dépend comment on le voit. Je pense donc continuer à m’aider de l’ordinateur pour dessiner, en me réservant quelques récréations de temps en temps. »

La rencontre avec Florent Gorges

L’artiste lyonnais commence à publier Basse Def sur son blog en octobre 2012 et à la fin du cycle, un an plus tard, le journaliste-historien du jeu vidéo Florent Gorges le contacte pour voir s’il est intéressé par une version papier.

« Je suivais les éditions Pix’n Love depuis quelques années et m’étais procuré quelques uns de leurs ouvrages, dont L’Histoire de Nintendo rédigé par Florent. C’était à la fois flatteur de voir son travail ‘validé’ par un connaisseur de la chose vidéo-ludique et cohérent d’un point de vue éditorial. Quand Florent m’a contacté, j’ai tout de suite saisi l’occasion ! Sortir ce livre dans une petite boite d’édition était idéal car contrairement à un « gros » éditeur (comme Marabulles, au hasard), Omaké Books pouvait défendre et promouvoir ce projet de niche correctement. »

De son côté, Florent Gorges avoue être un grand fan de gags en 3 ou 4 cases. Un jour, tandis qu’il cherche un titre sympa à lire dans une librairie, il tombe sur Sans Emploi. « J’ai tout de suite accroché à l’humour de Jibé. Je le suivais sur son blog et j’ai rapidement découvert qu’en plus de l’humour, il avait les mêmes goûts que moi concernant les jeux vidéo », se souvient le fondateur d’Omake Books.

ludo et simon

Jibé en profite pour revenir sur Ludo et Simon, les personnages qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à Florent et lui dans Basse Def. « Ce sont des caricatures, des archétypes de geeks colériques et bornés, feignants et râleurs… Bon OK, c’est un peu moi, mais pas exactement non plus ! Comme pour Sans Emploi, j’ai voulu créer un duo pour avoir une dynamique narrative, une sorte de ping pong de réparties plus ou moins fines. Même si je pense avoir encore eu un peu de mal avec Basse Def, j’essaie au maximum de différencier mes personnages afin qu’aucune réplique ne puisse être interchangeable. »

En termes de visuels, le dessinateur avoue avoir fait peu d’essais puisqu’il est rapidement tombé sur un design qui lui plaisait. Il savait grosso modo où il allait en termes de direction artistique, le but étant de coller au style NES au maximum, en utilisant uniquement la palette de couleur qui était proposée à l’époque sur cette machine. « J’ai aussi voulu conserver la taille des sprites, mais j’ai dû un peu tricher à ce niveau-là et agrandir mes personnages : ils auraient été très difficile pour moi d’être expressifs avec si peu de pixels. Comme j’ai écris la BD avant de m’attaquer au dessin, je n’ai pas vraiment de personnage coupé au montage. Je rationalise au maximum ! »

Oser le style pixel art

On s’en doute, le pixel art n’est pas une mince affaire, les normes étant légion. Jibé débutant dans le domaine, il soumet ses premiers essais à Julien Rocca, le cofondateur de Storybird (à qui on doit Finding Teddy, entre autres) et dessinateur du blog Forza Pedro. « Il m’a montré quelques trucs, énoncé des règles de base et le reste, je l’ai déduis de mes recherches graphiques ainsi qu’en me plongeant dans des sites comme vgmuseum.com, où sont stockés un paquet de screenshots de vieux jeux au format natif. Mais je ne me revendique pas comme un bon pixel-artiste… Julien Rocca est loiiiiin devant, tout comme mon camarade Johan Vinet et encore d’autres dont je ne connais pas encore le travail. J’ai encore beaucoup de boulot en la matière pour arriver à leur niveau. »

Gag2

Les retours de Basse Def sont bons dans l’ensemble, un succès que Jibé n’explique pas vraiment. « J’ai toujours tendance à voir le verre à moitié vide… Peut-être est-ce parce que Basse Def est un peu tout seul sur le créneau ? Peut-être est-ce parce que le rendu graphique est original ? Peut-être est-ce parce que c’est le bon timing ? Je n’en sais rien… J’ai tendance à connaitre mes bouquins par cœur, donc ils ne me font plus trop d’effet et  je n’ai pas vraiment de recul sur celui-là.

Maintenant, c’est vrai qu’on a fait une réédition augmentée parce que le premier tirage est bien parti. Donc j’imagine que ça a eu son petit succès. Je retiens surtout les remarques de certains de mes camarades auteurs de BD qui m’ont soutenus avoir eu la même idée de base que Basse Def, mais n’avaient pas pris le temps de la coucher sur papier ! Le vrai test, ça serait de voir comment serait accueilli un vrai tome 2. »

basse-def-deluxe

Et pour cette suite en cours de création, le dessinateur peut compter sur le soutien de son éditeur. « Je fais entièrement confiance à Jibé. J’aime son humour et jusqu’à aujourd’hui, il ne m’a jamais déçu. Jibé est un couteau-suisse, e nce sens qu’il est multifonction : il sait écrire, dessiner, animer, etc. Bref, il n’a besoin de personne pour réaliser son histoire et ses gags. Dans Basse Def et Basse Def Deluxe, les seules fois où je suis intervenu, c’était juste pour corriger quelques fautes d’orthographe ou pour de rapides suggestions », se rappelle Florent Gorges.

The Game Boy Project

Comme il l’évoque ici, la Game Boy est la console rétro de cœur de Jibé. D’ailleurs, il cherche toujours le moyen de rendre hommage le mieux possible à cette console qui a marqué sa vie de gamer. Il précise.

« En fait, je pensais à un format vidéo, mais le créneau est déjà tellement saturé. J’ai pourtant quelques idées pour une émission qui tournerait autour des limitations de la machine et des contraintes d’adaptations. Et plutôt que de faire de bêtes vidéo test face caméra avec une image pourrie et un son à chier, j’aimerais plutôt aborder des thématiques à travers 3 ou 4 jeux par émission, sans forcément qu’ils aient de liens évidents entre eux. J’y parlerais de gameplay, d’adaptation au support avec un brin de contexte historique vidéoludique et d’anecdotes… Le tout avec un habillage graphique assez recherché.

zelda ss gb

J’ai déjà fait quelques essais et en l’état ça me prendrait un temps fou à réaliser : l’idéal serait de présenter les séquences de jeu avec le rendu qu’a une vraie Game Boy. Les séquences qu’on peut voir en ligne sont souvent des captations d’émulateurs où tout est bien net, en noir et blanc, alors que sur Game Boy, ce n’est pas du tout le cas ! C’est vert, c’est baveux, et les jeux à scrolling rapides étaient peut-être de bons jeux, mais ils n’étaient pas du tout adaptés au support. Voilà le genre de chose qu’il serait intéressant d’aborder mais je n’ai pas encore trouvé de solution technique efficace pour capter des séquences de jeu avec ce rendu vert baveux. »

Bientôt, Chez Jibé

L’artiste lyonnais travaille actuellement sur la suite de Basse Def, dont le titre est pour l’instant « Super Basse Def 2 ». Mentionnons aussi la sortie de Kokekokko début septembre chez Issekinicho, et sa participation au blog « Héros sur canapé » dont un opus devrait sortir en octobre. Mais le dessinateur n’a pas que ça en stock, bien au contraire.

« À l’instar de À l’Est que j’ai sorti en auto-édition chez lulu.com, je compte adapter Trafic de Confiture en livre d’ici la fin de l’année. J’ai un projet de livre, une sorte d’anti Sans Emploi mettant en scène des recruteurs sans scrupules, scénarisé par un ami. Il faudrait que je trouve quelques jours pour formaliser ce projet un poil trash et le proposer à un éditeur.

boxeur jibé

Un peu plus loin, j’ai toujours en tête deux récits assez différents sur lesquels je voudrais bien travailler, mais il y a toujours quelque chose de plus urgent à traiter d’abord. Le premier est un récit sur la boxe (NDLA : certains visuels ont été publiés sur sa page FB) et le second sur Lyon… Il faudrait que je me file un bon coup de pied aux fesses pour les faire avancer.

Et dans le rayon des fantasmes, je voudrais bien monter une collection d’artbook un peu geek. Je ne suis pas sûr que ça puisse avoir un quelconque succès, mais je rêve de sortir un livre très graphique dont le sujet serait des plans de jeux vidéo. Comme les soluces des vieux magazines mais en beaucoup plus joli, avec un traitement graphique différent par jeu. Une map de Zelda sur NES dessinée par Boulet, le niveau 1 de Castlevania IV par Thorn ou les Ghost House de Super Mario World par Terreur Graphique, ça serait classe, non ? Ou encore un artbook consacré aux expos Inspirit, quand il y en aura plus d’une. Ou un bouquin d’illustrations dédié à Street Fighter… Tant d’idées, si peu de temps. »

Du temps, Jibé en trouve quand même un peu pour faire autre chose que du dessin. Comme votre serviteur, il fait notamment de la batterie depuis le lycée. « J’aime beaucoup cet instrument, et jouer dans un groupe est quelque chose de jouissif. J’y trouve un retour plus immédiat que sur une planche à dessin, où tout est plus laborieux. La musique, c’est plus instinctif. Le reste de ce que je fais avec mes mains appartient au domaine du privé par contre… »

[Liens utiles]

Chez Jibé.

Twitter de Jibé et Florent Gorges.

Publicités
Tagué , , , , , , , , , , , , ,

L’Histoire de Rayman (éditions Pix’n Love, octobre 2014) : la revue de presse.

Dédicace(s) à venir :

Paris Games Week 2015 (sûrement le dimanche mais à confirmer peu de temps avant).

———

Voilà, c’est officiel. Hier, jour de l’anniversaire du premier Rayman aux US sur PlayStation (19 ans déjà), Pix’n Love a lancé les précommandes de L’Histoire de Rayman, mon premier livre solo chez cet éditeur pour qui j’écris depuis 2009. Afin d’avoir un suivi, j’ai donc décidé de relayer toutes les news, avis, topics liés au sujet. J’alimenterai le tout à mesure que les reviews/news tombent.

Rayman

Où l’acheter ?

Le site de Pix’n Love :

-> version collector limitée à 500 exemplaires seulement (artbook 48 pages avec des illustrations inédites de Rayman Legends ; couverture de droite, inspirée du premier Rayman) => épuisée/out of stock

pixn-love-et-ubisoft-presentent-lhistoire-de-rayman-liste-640x402

-> version normale (couverture de gauche, inspirée des Rayman récents).

Amazon.

La Fnac.

Pour les lillois, directement chez Gameswave (en boutique ou sur le site), à la Fnac et au Furet du Nord également.

Retour sur notre dédicace au TGS sur le blog Assassin’s Geek et en vidéo :

-> et en images via Rémi Gazel.

-> ainsi que l’AFJV.

Topics

Topic des éditions Pix’n Love sur Gamekult.

Topic dédié dans le forum Rayman Legends sur Jeuxvideo.com.

Topic dédié sur le forum français de RaymanPC.com.

And the english topic on the book as well.

Fiche sur Sens Critique (plus de 8/10 de moyenne).

Interviews

Sur Nintendo-master.com, le 13/11/2014.

Reviews, critiques.

Sur Jeuxvideo.fr : Un peu de lecture avec L’Histoire de Rayman.

Un pavé franc sur le blog du bouquin du gamer.

L’avis du site pointu GrosPixels.com.

Celui du site Pixelsprite.fr.

Et celui de Lightingamer.com.

Un post touchant (#émotion) sur Gamerside.fr, où l’auteur parle de son expérience de jeu/lecture avec sa petite.

Un post sur le Bilou Homebrew’s blog.

Un post sur le Tumblr d’Arklande.

Une petite review sur artbook-passion.com

Un court avis sur japan-touch.net. Pour ceux qui n’ont pas peur de relire la 4è de couverture…

Un avis sur l’artbook fourni avec la version collector, en attendant celui sur le livre.

Une critique très complète d’un lecteur et fan assidu de la série sur SensCritique, listant ce qu’il a adoré, ce qu’il regrette, les qualités, les défauts, etc.

Une review d’un lecteur anglophone sur RaymanPC.com.

News.

Rom-Game, le 21 août  puis le 2 septembre 2014.

Jeux Vidéo Magazine, numéro 164 (septembre 2014).

Le blog de Pix’n Love, le 29 août 2014.

Allgamers.fr le 1er septembre 2014.

MO5.com le 2 septembre 2014.

Fun & Zen, le 2 septembre 2014.

Digitalgames.fr, le 2 septembre 2014.

Borntogeek.fr, le 2 septembre 2014.

Joypad.fr, le 3 septembre 2014.

Post de Christophe Héral sur FB, le 3 septembre 2014.

Culture-games.com, le 3 septembre 2014.

Jeuxvideo.com, le 4 septembre 2014.

PixelSprite.fr, le 4 septembre 2014.

Artbook-passion.com, le 4 septembre 2014.

Nintendo-master.com, le 4 septembre 2014.

Cenoctet.com, le 5 septembre 2014.

Post Facebook sur la page Rayman (à 320.000 likes), le 10 septembre puis le 31 octobre 2014.

Gamongirls.com le 18 septembre 2014.

Une seconde fois Jeuxvideo.com le 29 octobre 2014.

Manga-news.com le 30 octobre 2014.

[Bonus : le fil twitter Histoire de Rayman]

Tagué , , , , , , , , , , , , , , , ,