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[Interview] Nicolas Truffinet, auteur de Kaamelott ou la quête du savoir.

Série phare créée par Alexandre Astier, Kaamelott suscite toujours autant d’admiration, même cinq ans après la fin de sa diffusion. Pourtant, les écrits à son sujet ne courent pas les rues. On compte divers travaux universitaires mais très peu de livres. De mémoire, depuis Kaamelott : Au Cœur du Moyen-Age d’Eric Le Nabour publié en 2007, rien n’est sorti sur le sujet. Autant dire que le récent Kaamelott ou la quête du savoir est attendu au tournant par de nombreux fans de la saga arthurienne. Nicolas Truffinet, l’auteur de cet essai, s’est prêté au jeu de l’interview.

Kaamelott ou la quête du savoir est le premier ouvrage de Nicolas Truffinet. Après un bac L, ce dernier se dirige en prépa littéraire avant de choisir l’histoire. Il tâtonne un peu par la suite en passant divers concours administratifs tout en continuant à écrire des critiques de cinéma pour différentes revues (Chronicart, accreds.fr, etc.). Il finit par revenir à la recherche et réalise actuellement une thèse. « De manière générale, je tiens à garder un pied dans le cinéma et l’autre dans les sciences sociales au sens large », précise t-il.

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Nicolas Truffinet

Si vous faites toujours partie du centre de recherche d’histoire nord-américaine de l’université Paris I, la période du mythe arthurien n’est pas a priori votre domaine de prédilection. Vous y êtes-vous intéressé via la série?

NT : J’ai effectué mon master au centre de recherche d’histoire nord-américaine (CRHNA) et suis à présent en histoire économique à l’IDHES (institutions et dynamiques historiques de l’économie et de la société), toujours à Paris I. Dans les deux cas, je vous l’accorde, on est loin d’Arthur ! J’ai effectivement été amené à m’intéresser au Vème siècle au moment où je rédigeais le livre. J’ai consulté plusieurs ouvrages, d’Henri-Irénée Marrou, Peter Brown, Paul Veyne… rapidement mentionnés dans le chapitre « Tristesse et décadence ». Je n’y passerai pas toute ma vie, mais j’ai trouvé cette période passionnante : mal connue, réellement singulière, entre l’antiquité tardive et le haut Moyen-âge.

Pouvez-vous revenir sur la genèse de votre livre? Pourquoi Kaamelott parmi toutes les séries existantes?

NT : Je travaillais sur un précédent projet avec un autre éditeur que Vendémiaire, et je voyais bien que c’était en train de tomber à l’eau. Plusieurs personnes m’ont conseillé de ne pas trop ressasser cette déception et de passer vite à autre chose. Je découvrais alors Kaamelott (sur le tard, donc : je n’ai pas du tout suivi la série sur M6, au moment de sa première diffusion), qui me passionnait et m’inspirait sur pas mal de plans (de la création télévisuelle, de l’histoire…). C’était une année de transition pour moi, j’avais un peu de temps… Ça s’est fait comme ça.

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Kaamelott ou la quête du savoir, éditions Vendémiaire, 2014.

Vous évoquez certaines influences entre des séries pré Kaamelott et celle-ci (format court, thèmes qui se recoupent, etc.). Selon vous, est-ce qu’on peut désormais retrouver des influences de Kaamelott et la patte d’Astier dans d’autres séries actuelles?

Bonne question. Il faut vraiment que je jette un œil à Hero Corp [NDLA : série créée par Simon Astier dont la 4è saison est en cours de diffusion]. Pour le reste, je ne vois pas grand-chose. Autant Les Soprano, par exemple, continue d’apposer sa marque sur tout un pan de la télévision américaine, autant avec Kaamelott, on est plus, me semble-t-il, dans une logique d’objet singulier, prototype sans descendance. Un créateur qui se mettrait trop visiblement dans les pas d’Astier risquerait de livrer un mauvais pastiche. Ce que, malgré tout, la série a montré d’important, c’est qu’il était possible de tirer vers le haut, de faire confiance à l’intelligence du spectateur, que ça n’était pas forcément un mauvais calcul. En cela, elle peut rester une source sinon d’inspiration, en tout cas d’optimisme.

Cette thématique de la transmission du savoir se veut capitale chez Astier. La retrouve-t-on également dans des œuvres non abordées dans votre livre comme les BDs Kaamelott et, plus récemment, dans Astérix & le Domaine Des Dieux?

Dans une bien moindre mesure, en tout cas. Je connais très mal les BDs puisque je n’en ai lu qu’une en préparant le livre. Honnêtement je n’ai pas trouvé ça génial. Je trouve intéressant qu’Astier ait finalement souhaité mettre en scène les missions des chevaliers, seulement racontées autour de la table dans la série (au point qu’on se demande si elles ont vraiment lieu), et que pour ce faire il ait ressenti le besoin d’un autre format (la BD, donc). C’est à peu près tout.

Quant à Astérix & le DDD, je le trouve très réussi, très habile à beaucoup d’égards mais je ne suis pas sûr qu’il apparaîtra rétrospectivement comme un sommet dans l’œuvre d’Astier. Sur le plan de la pédagogie en tout cas, je pense vraiment que c’est dans ses spectacles que sa touche s’exprime le mieux. Là, il a vraiment inventé quelque chose, entre la fiction, le sketch et la « vraie » conférence que donnerait un enseignant plus ou moins bon blagueur. Dans ce genre (hybride), Que ma joie demeure est, à mon sens, un chef-d’œuvre.

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Alexandre Astier dans Que ma Joie Demeure!, 2012.

Y’a t-il d’autres artistes contemporains (français ou étrangers) qui placent l’apprentissage au centre de leurs propos ou Astier vous paraît-il seul sur ce terrain?

Je suis justement en train d’écrire un – long – article où je reviens sur la littérature pédagogique de la fin du XIXème siècle (Le tour de la France par deux enfants, en Italie Le Livre-cœur…) : ouvrages démodés dans une large mesure, qu’il n’est pas question d’appeler de nos vœux aujourd’hui, ça n’aurait aucun sens, mais qu’on peut souhaiter réactiver autrement, sans la déférence, sans la morale d’un autre temps, etc. Les deux œuvres que je mets en avant dans ce sens sont Kaamelott, donc, et les Simpson.

Ce qui me frappe, c’est de voir combien les deux, au premier abord, paraissent s’inscrire dans une certaine tendance contemporaine (à la dérision, au dénigrement… tendance dont se désolent les penseurs austères). Et combien, loin d’en rester à ce jeu de massacre, elles entendent au contraire reconstruire quelque chose, la possibilité d’un savoir. Dans Kaamelott, je vois un appétit indéniable pour l’histoire, la politique, la philosophie… Comment se crée, s’administre un état, la part de la religion… C’est présent. Les Simpson présente un tas d’éléments de l’histoire des États-Unis, son fonctionnement, ses débats, etc. Des pères fondateurs aux derniers présidents en exercice, il y a peu de figures historiques que les spectateurs n’aient pas vu passer à un moment ou un autre.

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Je vois de la pédagogie plus diffuse, plus sporadique ailleurs. Il y a assurément du récit d’apprentissage dans Les Soprano. Même des œuvres plus mineures comportent une dimension didactique : je reste frappé de voir à quel point les séries américaines parviennent à rendre compte d’institutions (hôpital, tribunal…) pas forcément glamours, à s’approprier un vocabulaire (médical, juridique…) a priori très technique. Mais aucune autre (que Kaamelott et Les Simpson) ne pousse à mes yeux cette entreprise aussi loin.

Était-il prévu dès le départ d’écrire sur Kaamelott sans avoir d’interviews des intervenants? Ou vous auriez aimé et ça n’a pas pu se faire?

Non, ça n’a jamais été une question. Sur la genèse de la série, les acteurs…, j’en sais probablement moins que bien des fans. Je réalise que ça peut sonner hautain (l’essayiste devant son objet, avec le moins d’interférences possibles), mais c’est comme ça que je voyais les choses.

Astier a souvent abordé une suite de Kaamelott avec, dans un premier temps, l’absence du roi à l’écran. Qui pourrait assurer cette ‘fonction’ de pédagogue le cas échéant?

Bonne question ! Le père Blaise est peut-être celui qui ‘tient à peu près debout’… On peut imaginer de faire venir un nouveau personnage de Rome, pour éclairer des Bretons encore bien frustes, au moment où se termine la série. On peut aussi imaginer qu’un des anciens compagnons du roi se révèle, au moment de prendre des responsabilités dans la résistance à Lancelot. Un personnage qui aurait plus retenu qu’on ne l’aurait cru de l’enseignement du roi et se montrerait capable à présent d’en transmettre des bribes. Si seulement Perceval…

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Jean-Robert Lombard, interprète du Père Blaise dans Kaamelott.

Avez-vous eu des retours de lecteurs?

Mes parents et ma compagne m’assurent qu’ils ont aimé. Plus sérieusement : j’ai eu quelques retours oui, globalement positifs, et j’ai vu passer quelques comptes-rendus sur le net. J’en espère d’autres !

Avez-vous un autre livre en préparation? Des projets à venir?

Je pense à un deuxième, oui, j’hésite à en dire plus pour le moment… Plus ma thèse à finir. Ce qui est sûr, c’est que j’espère continuer.

[Liens utiles]

Pour mettre la main sur le livre, direction le site de l’éditeur ou amazon, entre autres.

La page FB du livre.

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[Portrait] Mr. Garcin : les colles des fans.

Avril 2009 : mon premier voyage au Japon. Avec sieur Florent Gorges pour guide, une bonne quinzaine de loustics et moi-même découvrons Ôsaka, Kyôtô et la capitale nippone. Des paysages plein la tête et des rencontres passionnantes, dont le collègue et ami Boulapoire de Gamekult, Nyvek, un gros collectionneur Zelda dont je vous parlais ici, mais aussi monsieur X (anonymat oblige), un passionné de comics, entre autres. Désormais connu sous le pseudonyme de Mr. Garcin, le Montpelliérain s’est fait remarquer auprès de Marvel avec ses collages de super-héros. Retour sur un parcours atypique.

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De monsieur Garcin à Mr. Garcin

Les bandes-dessinées font partie des premières choses qui marquent l’enfance de monsieur Garcin. S’il apprécie des classiques de l’école franco-belge tels que Boule & Bill, Lucky Luke, Astérix ou Gaston Lagaffe, ce sont surtout les histoires du Professeur Xavier, de Tony Stark et Peter Parker qui le fascinent.

Très jeune, j’ai aimé découper des magazines de jeux vidéo afin d’en extraire mes jeux favoris ou bien des magazines de cinéma pour réaliser les jaquettes de mes VHS enregistrées. J’étais déjà très à l’aise avec une paire de ciseaux à la main. Je me suis aussi essayé au dessin mais après quelques années, j’ai dû me rendre à l’évidence : je n’étais pas vraiment doué pour ça.

Aujourd’hui, le trentenaire toujours souriant a un pseudo, Mr. Garcin, et un costume de Lucha Libre dont il ne se sépare jamais pour incarner son personnage. Un masque qu’il a porté à sa toute première exposition en 2010, lors d’une soirée déguisée.

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Divers artistes étaient invités (musiciens, poètes, DJs, etc.) et on m’a proposé d’y exposer mes tableaux. Quelques mois auparavant, mon cousin m’avait offert pour mon anniversaire un masque de catcheur mexicain nommé Black Shadow. Ce fut l’occasion parfaite pour l’utiliser. Lors de cette soirée, je fus souvent pris en photo avec mon masque devant mes tableaux et le lendemain, voyant le résultat sur Facebook, je me suis dit que ce serait vraiment dommage de ne plus l’utiliser. J’ai toujours aimé les artistes masqués comme Daft Punk et Kiss. Je trouve ça fun! Depuis, je ne le quitte plus!

Le déclic du Spider Eye

Fin 2011, Mr. Garcin réalise le Spider Eye, un collage à base de nombreux Spidey découpés qui forment l’œil de l’homme-araignée. Peu de temps après, Marvel lui envoie un mail. Non pas pour des questions de droits comme l’intéressé en a peur, mais pour lui proposer d’acheter son travail afin d’en faire la couverture du numéro 700 de Spider-Man.

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Cette oeuvre façon fresque restera celle dont Mr. Garcin est le plus fier, encore maintenant.

Je trouve que c’est l’un des plus réussis graphiquement. Puis grâce à lui, il m’est arrivé tellement de belles choses.

S’en suivront alors de nombreuses commandes, toutes basées sur divers super-héros : Daredevil, Iron Man, Captain America, Nova, Thor, etc.

American Star

Qu’il s’agisse de commandes ou de travaux purement personnels, l’artiste y insuffle la même passion.

Ce qui est bien avec les commandes, c’est qu’elles me font bosser sur des choses que je n’aurais pas fait de moi-même. Bien entendu, j’avoue que j’ai plus de plaisir à travailler sur une idée que j’ai eu car elle résulte d’une envie.

Un artiste qui (dé)colle

Réaliser une fresque peut lui prendre environ 200 heures de travail. Autant dire qu’il est préférable de savoir où l’on va.

Je réalise toujours un patron numériquement, que j’imprime en taille réelle afin qu’il me guide tout au long du collage. Je découpe ensuite toutes les pièces dont j’aurai besoin, puis je les colle directement sur le patron. Malgré cela, il est malheureusement impossible d’avoir une idée exacte de ce que va donner le résultat final. Il faut donc bien réfléchir en amont à l’aspect visuel du collage afin de ne pas se planter.

Mr. Garcin a désormais acquis un certain savoir-faire dans l’art fastidieux du collage, un art qui peut montrer quelques limites, ce qui ne l’inquiète pas une seconde.

Je ne m’en fait pas quant à l’évolution de mes travaux puisque j’ai pas mal d’idées derrières la tête! Par exemple, les collages que je réalisais il y a 4 ans n’ont rien à voir avec mes dernières créations. L’évolution s’est faite naturellement.

D’ailleurs, il n’omet pas la possibilité, un jour, de tenter un mélange entre la photo et le collage… Sans aucune formation des Beaux-Arts et nul en dessin comme il aime le répéter, Mr. Garcin maîtrise l’art de la débrouillardise. Et il en faut, ne serait-ce que pour dégoter la matière première nécessaire à ses nombreux collages.

Mon appartement est devenu un vrai cimetière de comics! Ils s’empilent un peu partout même si j’essaie de les trier! J’ai pu m’en procurer dès mes débuts un grand nombre grâce à un ami qui tenait une librairie d’occasion. Il avait énormément de Strange, Spidey et autre comics vintage qu’il me laissait à des prix imbattables pour m’encourager. Depuis, il s’est associé avec un autre ami qui tenait lui aussi une librairie, devenant ainsi – avec leur Librairie « Planètes Interdites » à Montpellier –  mes fournisseurs officiels.

Ayant toujours aimé chiner, Mr. Garcin va également régulièrement dans des magasins d’occasion, se rend à Emmaüs, fait des vide-greniers, etc… Il lui arrive aussi de commander sur Internet des choses bien précises, comme par exemple l’encyclopédie des Simpsons qui lui a servi à réaliser le portrait d’Homer.

Homer

S’il découpe principalement des comics des années 60, 70 et 80 (qu’il trouve graphiquement plus intéressant), Mr. Garcin s’intéresse aussi depuis peu à des œuvres plus récentes. Désormais, lorsqu’il réalise un collage sur un personnage bien précis, il aime balayer toute son histoire. Mais ce n’est pas pour autant qu’il lit beaucoup de comics, au contraire.

En fait, j’en lis très peu mais me tiens régulièrement au courant de ce qui s’y passe! Je préfère les découper ! Quant au passage des comics sur grand écran, c’est plutôt une bonne chose quand on voit des films tels que The Dark Knight, Spider Man (Sam Raimi), Sin City, Watchmen ou Les Gardiens de la Galaxie. De plus, ça a relancé l’industrie des comics, et pas qu’un peu! La seule chose que je trouve dommage, c’est que les comics sont de plus en plus violents et sombres. J’ai l’impression qu’il n’en reste que très peu qui s’adressent aux enfants.

La rencontre avec Stan Lee

Au fil du temps, les collages de Mr. Garcin lui permettent d’acquérir une certaine notoriété et donc d’être invité sur plusieurs salons dont les Comic Con de Paris, Londres et Nashville. C’est d’ailleurs dans la capitale du Tennessee qu’on lui présente Stan Lee, co-créateur de Spider-Man, Hulk, Iron Man, X-Men et tant d’autres.

With Stan Lee

J’avoue que je n’en ai pas mené large! Et encore moins quand il m’a dit « good job » ! Je suis resté bouche bée et donc, je ne lui ai pratiquement rien dit. Ça reste un moment unique!

Stan Lee!

Le Comic Con de Nashville avait organisé un concert dans un immense bar un soir avec un groupe japonais de folie : PeelanderZ. Leurs concerts sont complètement fous! Tous les membres du groupe sont déguisés et font régulièrement participer le publique! Lors de ce concert, j’ai pratiqué mon 1er slam dans une foule déchaînée! Ils m’ont également fait monter sur scène pour me faire taper sur un tambour! Parmi les meilleurs concerts que j’ai fait! Lors de ce Comic Con, alors que j’étais en train de me changer vite fait en coulisse, Bruce Campbell [le fameux acteur des films Evil Dead] est passé devant moi alors que j’étais torse nu puis s’est écrié en rigolant : Est ce que je vais voir la suite ?

Grâce aux Comic Con et aux autres festivals, Mr. Garcin a pu rencontrer de nombreux artistes, dont Adi Granov (dessinateur Marvel et designer de l’armure du film Iron Man), Manchu (créateur de l’Odysseus d’Ulysse 31), David Finch (Dessinateur de Batman,etc.), Warwick Davis (Willow)…

Prochainement, chez Mr. Garcin

Récemment, il a créé son premier collage à base de mangas avec la saga Ken le Survivant. Il compte d’ailleurs en réaliser plusieurs afin de rendre hommage à ses héros nippons préférés. On devrait également voir prochainement un collage basé sur tous les albums d’une série franco-belge culte : Astérix.

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Rappelons que l’artiste est apparu dans les pages du livre Geek-art vol.2, une anthologie d’illustrations basées sur la culture pop’ dans laquelle 6 pages lui sont consacrées.

Cette fin d’année semble riche en événements pour Mr. Garcin qui sera dans un premier temps les 8 & 9 novembre au Hero Festival à Marseille, où il vendra ses prints et animera un atelier de découpage. Plus tard dans le mois – les 22 & 23 -, il sera présent sur l’artist alley du Comic Con parisien.

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Et comme l’homme a de nombreux projets en cours, 2015 semble d’ores-et-déjà bien rempli puisqu’il prépare deux expositions : une pour la galerie Arludik en mars à Paris, dont les gérants sont les mêmes que ceux du Musée Artludique, et une seconde en avril à l’Hôtel ‘Pullman Palm Beach’ à Marseille. Histoire de boucler la boucle, le ‘Spidey Eye’ qui l’a fait connaître auprès de Marvel sera la couverture d’un gros livre intitulé 75 ans d’art et de couvertures Marvel, à paraître début 2015. De quoi être incollable sur le sujet…

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L’exposition Genesis 2014 : une véritable fresque vidéo-ludique.

Du 27 mars au 31 mai 2014 se tenait en plein cœur de New York Genesis 2014, une exposition originale présentée à la galerie Kim Foster. L’idée est simple : revisiter des tableaux de la Renaissance avec l’imagerie des jeux vidéo des années 1990, période Mega Drive (ou Genesis aux États-Unis). Daniel Hernandez, l’homme à l’origine du projet, nous en dit davantage.

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Du Street Fighter II chez Léonard de Vinci ?

Depuis le début des années 2000, le travail de Daniel Hernandez s’expose à travers le monde dans diverses galeries américaines et européennes. Actuellement professeur à l’université de Toledo dans l’Ohio, l’artiste explore depuis une décennie maintenant les rapports visuels qu’il peut y avoir entre l’histoire de l’art et celle des jeux vidéo. L’intéressé nous raconte comment a germé cette idée un peu folle de rapprocher le rendu de peintures mythiques avec le design de certaines créations vidéo-ludiques.

« Le concept est né par hasard, tandis que je me trouvais à la galerie des Offices à Florence. Ayant passé beaucoup de temps en Italie entre 2002 et 2005, j’ai eu l’opportunité d’arpenter cette galerie plus d’une fois. Lors d’une des visites, j’ai eu comme une sorte de déclic alors que je contemplais l’œuvre de Léonard de Vinci nommée Annonciation. Tout d’un coup, j’ai réalisé qu’il y avait une connexion très forte entre celle-ci et le jeu de combat de Capcom : Street Fighter 2. »

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Les images mises côte à côte, on ressent effectivement des points communs entre les deux œuvres : la dualité des deux personnages, les poses de Ken et Guile évoquant respectivement celles de l’Ange Gabriel et la Vierge Marie, les décors directement liés aux protagonistes (la base militaire pour le lanceur de ‘Sonic Boom’, le jardin clos rappelant la virginité de Marie), etc. Qui plus est, elles ont un point commun qui n’aura échappé à personne : l’utilisation de la 2D. Daniel Hernandez précise :

« Une grande partie de mon travail est basée sur l’existence de similitudes entre le langage visuel de la peinture et celui des jeux vidéo. Les systèmes et méthodes employés pour générer l’imagerie vidéo-ludique ont de fortes ressemblances avec ceux utilisés au cours de l’histoire de l’art. En tant qu’artiste, j’essaie d’exister entre ces deux formes d’art, d’être les deux à la fois et même temps aucune des deux. »

L’exposition Genesis 2014 proposait aux visiteurs pas moins d’une douzaine de tableaux créés entre 2013 et 2014, le premier du lot à avoir été réalisé répondant au nom de Nocturn. On y voit un affrontement entre deux factions rouges et bleues, dans un style qui n’est pas sans rappeler les manic shooters, un sous-genre des shoot’em up où les tirs des vaisseaux ennemis inondent l’écran. En termes de technique, toutes les œuvres sont le fruit d’un mélange de peinture traditionnelle à la main et d’éléments de collage via Photoshop.

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Nocturn (2013).

God Game.

Pour le joueur Américain, le double sens du nom de l’exposition est évidente, la Genèse ayant à la fois une connotation religieuse et ludique du fait du nom de la 16 bits de SEGA là-bas. Mais pour Dan Hernandez, le terme ‘Genèse’ évoque davantage le jeu que la religion.

« Je ne me considère pas comme une personne religieuse même si, enfant, j’allais à l’église avec ma famille. En conséquent, l’intérêt que je porte aux peintures religieuses est moins lié à mes croyances qu’à mon attrait pour l’histoire de l’art. J’ai grandi dans les années 1980 et ‘90 et j’ai eu la chance de posséder beaucoup de consoles de cette époque. Quand j’entends le mot ‘Genèse’, je suis donc plus enclin à l’associer à SEGA qu’à la Bible. »

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Segacielo Civita (2013).

Pièce maîtresse.

Parmi les thèmes explorés dans les peintures de Dan Hernandez, on peut citer une vision bon enfant voire surréaliste de la violence. Comme dans Streets of Rage et d’autres productions d’antan, la représentation de la violence a une couleur cartoon presque naïve, quelque part.

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Streets of Rage (ou Bare Knuckle), 1991.

« Mon travail présente une vision faussée de la violence, celle qui est transmise via les médias : la télévision, le cinéma et aussi le jeu vidéo. La violence de mes œuvres est purement symbolique, compte tenu de ma position privilégiée. En tant qu’homme Blanc, de classe moyenne vivant en banlieue, je n’ai pas ou très peu de rapport direct avec la violence. »

Dans les jeux vidéo comme dans l’art, certaines étapes semblent plus marquantes que d’autres. Daniel Hernandez en profite pour revenir sur le jeu qui lui paraît le plus marquant.

« Pour se rendre compte à quel point une œuvre a marqué son domaine, il faut regarder celles qui seront réalisées par la suite afin de déterminer si l’on ressent ou non son empreinte. Dans le milieu du jeu vidéo par exemple, je pense que Super Mario Bros. est un jeu d’une importance capitale. Sans être un historien, j’ai le sentiment qu’il s’agit d’un des premiers titres à avoir introduit le concept de pièces à collecter comme élément additionnel de gameplay. Cette idée d’enrichir un jeu avec une activité de collecte optionnelle est désormais très répandue. Le titre de Nintendo a aussi ouvert la voie du side-scroller, le genre étant encore bien représenté de nos jours. »

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Super Mario Bros., 1985.

Précisons que Mario Bros., sorti en 1985 au Japon, n’a pas inventé à proprement parler ce concept de pièce à récupérer en tant que principe secondaire de gameplay. D’autres jeux ont introduit l’idée auparavant, à l’image des sacs de pièces dans Le Bagnard – Bagman aux États-Unis -, le premier jeu arcade français sorti en 1982.

Pour ceux qui auraient envie de voir les travaux de Daniel Hernandez, précisons que l’exposition « Genesis » se tient tout au long du mois d’octobre à l’Université du Michigan. Les visiteurs peuvent y voir d’anciennes œuvres comme des nouvelles. L’artiste est également à l’affiche du musée Beit Ha’ir à Tel Aviv jusqu’en 2015 dans « Immersion », une exposition axée sur la culture vidéo-ludique dans son ensemble. Enfin, il sera aussi présent aux côtés de deux autres de ses pairs dans les locaux du CONTEXT – Art de Miami en décembre 2014.

 

[Merci à Daniel Hernandez, Kim Foster, Greeg Da Silva, William Audureau]

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L’Histoire de Rayman (éditions Pix’n Love, octobre 2014) : la revue de presse.

Dédicace(s) à venir :

Paris Games Week 2015 (sûrement le dimanche mais à confirmer peu de temps avant).

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Voilà, c’est officiel. Hier, jour de l’anniversaire du premier Rayman aux US sur PlayStation (19 ans déjà), Pix’n Love a lancé les précommandes de L’Histoire de Rayman, mon premier livre solo chez cet éditeur pour qui j’écris depuis 2009. Afin d’avoir un suivi, j’ai donc décidé de relayer toutes les news, avis, topics liés au sujet. J’alimenterai le tout à mesure que les reviews/news tombent.

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Où l’acheter ?

Le site de Pix’n Love :

-> version collector limitée à 500 exemplaires seulement (artbook 48 pages avec des illustrations inédites de Rayman Legends ; couverture de droite, inspirée du premier Rayman) => épuisée/out of stock

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-> version normale (couverture de gauche, inspirée des Rayman récents).

Amazon.

La Fnac.

Pour les lillois, directement chez Gameswave (en boutique ou sur le site), à la Fnac et au Furet du Nord également.

Retour sur notre dédicace au TGS sur le blog Assassin’s Geek et en vidéo :

-> et en images via Rémi Gazel.

-> ainsi que l’AFJV.

Topics

Topic des éditions Pix’n Love sur Gamekult.

Topic dédié dans le forum Rayman Legends sur Jeuxvideo.com.

Topic dédié sur le forum français de RaymanPC.com.

And the english topic on the book as well.

Fiche sur Sens Critique (plus de 8/10 de moyenne).

Interviews

Sur Nintendo-master.com, le 13/11/2014.

Reviews, critiques.

Sur Jeuxvideo.fr : Un peu de lecture avec L’Histoire de Rayman.

Un pavé franc sur le blog du bouquin du gamer.

L’avis du site pointu GrosPixels.com.

Celui du site Pixelsprite.fr.

Et celui de Lightingamer.com.

Un post touchant (#émotion) sur Gamerside.fr, où l’auteur parle de son expérience de jeu/lecture avec sa petite.

Un post sur le Bilou Homebrew’s blog.

Un post sur le Tumblr d’Arklande.

Une petite review sur artbook-passion.com

Un court avis sur japan-touch.net. Pour ceux qui n’ont pas peur de relire la 4è de couverture…

Un avis sur l’artbook fourni avec la version collector, en attendant celui sur le livre.

Une critique très complète d’un lecteur et fan assidu de la série sur SensCritique, listant ce qu’il a adoré, ce qu’il regrette, les qualités, les défauts, etc.

Une review d’un lecteur anglophone sur RaymanPC.com.

News.

Rom-Game, le 21 août  puis le 2 septembre 2014.

Jeux Vidéo Magazine, numéro 164 (septembre 2014).

Le blog de Pix’n Love, le 29 août 2014.

Allgamers.fr le 1er septembre 2014.

MO5.com le 2 septembre 2014.

Fun & Zen, le 2 septembre 2014.

Digitalgames.fr, le 2 septembre 2014.

Borntogeek.fr, le 2 septembre 2014.

Joypad.fr, le 3 septembre 2014.

Post de Christophe Héral sur FB, le 3 septembre 2014.

Culture-games.com, le 3 septembre 2014.

Jeuxvideo.com, le 4 septembre 2014.

PixelSprite.fr, le 4 septembre 2014.

Artbook-passion.com, le 4 septembre 2014.

Nintendo-master.com, le 4 septembre 2014.

Cenoctet.com, le 5 septembre 2014.

Post Facebook sur la page Rayman (à 320.000 likes), le 10 septembre puis le 31 octobre 2014.

Gamongirls.com le 18 septembre 2014.

Une seconde fois Jeuxvideo.com le 29 octobre 2014.

Manga-news.com le 30 octobre 2014.

[Bonus : le fil twitter Histoire de Rayman]

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