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[Concert] Le Super Castlevania Quartet vampirise la scène.

Le 3 mai dernier, le Super Castlevania Quartet se produisait dans le cadre de la dernière édition du Stunfest dont l’ami Neithan vous parlait par ici. De mon côté, j’ai eu l’occasion de voir cette jeune formation d’Amiens le 5 décembre dernier à l’Aéronef de Lille. Comme le concept du groupe m’a bien plu, j’en avais profité pour faire une petite interview. Rencontre.

ImageAllo Oui Cer Cueil.

Le Super Castlevania Quartet est un concert dans lequel le public peut participer en prenant la manette, créant de ce fait une osmose entre la musique et le jeu. L’objectif principal est de reprendre le plus fidèlement possible la bande son de Super Castlevania IV, un grand classique de la SNES sorti fin 1992 en Europe. Après de nombreuses répétitions et deux concerts nécessaires pour fignoler tous les arrangements rock, le groupe finit par jouer l’intégralité des morceaux du jeu en respectant l’ordre initial des niveaux.  » Lorsqu’on a réalisé qu’il était possible de projeter le titre en live derrière nous sur scène, j’ai mis la main sur un émulateur PC et une manette sans fil. C’est la seule méthode qui nous permet de sauter de sauvegarde en sauvegarde pour faire avancer le jeu au fil du concert « , confie le guitariste-claviériste Romain.

Habité par le jeu depuis ses 14 ans et transi par sa bande son, ce dernier est à la base du projet. Il s’entoure dans un premier temps du batteur Charles, avec qui il joue depuis une dizaine d’années dans le groupe de rock John Makay. Mais comme la formule manque de vie en tant que duo, les musiciens invitent Jeanne et Ludovic, respectivement violoniste et contrebassiste, à se joindre à eux. L’ajout de ces deux instruments permet alors de bien retranscrire l’aspect baroque des compositions originelles de Taro Kudô et Masanori Adachi.  » Pour nous, c’était important de rendre hommage à leur travail, car ils nous ressemblent beaucoup dans leur démarche artistique. Et puis, c’est une façon de mettre en avant autre chose que des thèmes de Mario, Tetris et Zelda qu’on nous ressort à toutes les sauces, même si j’aime beaucoup les reprises a capella de Smooth McGroove « , confesse Romain.

Une gousse d’ail : au lit ! 

Réputé difficile, Super Castlevania IV n’est évidemment pas réservé qu’aux potentiels pro gamers présents à leurs concerts. Charles avoue néanmoins que  » cela pourrait  être amusant et flatteur de jouer avec un joueur professionnel à l’occasion d’un speed run « . Et Jeanne d’ajouter :  » le concept est avant tout de permettre à un public non initié de s’adonner au jeu tout en écoutant la musique, et ce jusqu’à l’ultime bataille avec Dracula. «  Durant tout le concert, la vitesse d’origine est accélérée afin de gagner en dynamisme et de mieux coller aux arrangements du groupe.

Ce soir-là, le public a particulièrement bien réagi à la performance du quartet, n’hésitant pas à ponctuer les morts du personnage par des  »ooooh »,  »yeah » et autres onomatopées, ce qui en dit long sur son implication.  » C’est amusant de constater que beaucoup de personnes se sentent vraiment sous pression quand elles tiennent une manette en main. Elles ont l’impression de devoir de bien jouer pour donner du spectacle. Ce sentiment de partage de la pression avec le public est assez rare dans le milieu musical, mais pas désagréable « , rapporte le contrebassiste Ludovic.

Aujourd’hui, le groupe a plus d’une vingtaine de dates derrière lui et s’est notamment produit au cinéma Agnès Varda à Beauvais dans le cadre du Pixel Festival, qui mettait en avant la scène indépendante et les arts numériques. La formation a aussi partagé la scène avec des artistes chiptune comme Nicolas Cueille alias Seal of Quality, qui mélange partitions de guitare, synthé et chant vocodés sur des programmations de GameBoy. Et l’avenir dans tout ça ?  » On nous tanne pour reprendre du Mega Man et d’autres standards vidéo-ludiques, mais composer notre propre album nous ferait davantage plaisir. Cela dit, beaucoup de spectateurs nous suggèrent d’aller jouer notre show au Japon, ce qui reste notre but ultime. Quant à moi, j’adorerais avoir l’opportunité de jouer notre projet dans une grande salle d’arcade « , confie Romain d’un ton rêveur. Entre l’explosion des bar gaming et la présence de nombreuses salles d’arcade en France, cela devrait pouvoir se concrétiser sans trop de souci…

(Liens : Leur page FB et leur chaîne Youtube)

 

 

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[Review] …And Then You Shoot Your Cousin, The Roots.

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Ces dernières années, les membres de The Roots ont eu tendance à privilégier les collaborations avec d’autres artistes afin d’explorer davantage les voies de la soul (Wake Up ! avec John Legend en 2010), du R&B (Betty Wright : The Movie en 2011) et du blues (Wise Up Ghost avec Elvis Costello en 2013). Undun, leur dernier album maison, remonte déjà à 2011. Annoncé en juillet 2012 par Questlove, le batteur fondateur, …And Then You Shoot Your Cousin est désormais une réalité pour les fans de la formation de Philadelphie. Un autre ‘concept album’ aux sons surprenants. Impressions.

Après une intro très chouette tirée d’une chanson de feu Nina Simone, ce 11è album du groupe s’ouvre en douceur sur ‘Never’, qui compte sur la présence de la chanteuse de Patty Crash pour donner envie à l’auditeur d’aller plus loin. Manque de pot, l’effet est tout autre. On avait déjà entendu son renfort vocal sur le morceau ‘The Day’ dans l’EP de 2010 du crew de Philly : How I Got Over ? Le featuring était sans grand intérêt et j’ai beau l’avoir déjà écoutée plusieurs fois, cette nouvelle collaboration m’évoque des sitcoms américains pour ados. Le genre de morceau qui irait bien en générique sur des séries légères comme Tru Calling. Le beat reste lent, on reconnaît bien le groove de Questlove, mais le refrain peu inspiré avec miss Crash gâche un peu tout.

Il faut attendre la troisième chanson qui fait office de single, ‘When The People Cheer’, pour retrouver ses marques, avec le flow posé très propre de Greg Porn. La ligne de synthé de Kamal Gray vous rentre dans la tête en 10 secondes. C’est tout à fait le genre de son qu’on assimile instantanément à du The Roots. C’est joli, cela met bien en valeur le travail des MC’s et on imagine déjà les types pouvoir réarranger le tout en live de la plus belle des façons. Néanmoins, le refrain aurait peut-être gagné à être plus percutant. Je ne comprendrai jamais cette manie du hip-hop de balancer un featuring féminin banal en guise de refrain.

Pas grave, ‘The Devil’, tirée d’un morceau de Mary Lou Williams, s’avère une bonne transition. D’ailleurs, chaque interlude de l’album a sa place dans la playlist. Rien n’est superflu, à l’image des skits sans intérêt de dizaines d’EP hip-hop dans années 1990 (coucou certains albums solos des membres du Wu qui avaient autant de skits moisis que de morceaux). Le rendu pourra toutefois surprendre, comme ‘Dies Irae’ et ses samples agressifs conférant au passage une ambiance glauque très particulière.

Après le synthé, place au plan de grat’ qui envoie avec ‘Black Rock’. Diable que c’est bon de retrouver Dice Raw en guest sur cette compo de guitare de Captain Kirk Douglas. Le tout se veut rythmé, et quand le MC fondateur Black Thought pose sa voix dans le titre, on a juste envie de remuer sa tête et de voir ce que ça donne sur les planches. Nous sommes à la moitié de la setlist qui comprend 11 morceaux, et l’enchaînement entre ‘Black Rock’ et ‘Understand’ se montre parfait.

‘Understand’ (merde, un clip hip-hop sans poufs, piscines, liasses de billets ; et en plus c’est bien réalisé), c’est l’équivalent du tube qui définit à lui seul un groupe. L’identité The Roots est là dans son ensemble, avec un groove maîtrisé, de très bons flows et un air tellement bien trouvé. C’est simple, ça m’évoque les sons d’orgue du Yes de la grande époque, du calibre de ceux qu’on trouve sur un morceau comme ‘Parallels’. Pour ceux qui ne seraient pas convaincu par ces papys du rock progressif, restons en terrain connu pour affirmer que l’air d’orgue est de la trempe d’un ‘I Remain Calm’, le péché mignon de votre serviteur sur Do You Want More ?!!!??!

Avec ‘The Coming’, on entend à nouveau avec plaisir la voix de Mercedes Martinez. La chanteuse n’est pas à sa première apparition chez la bande à Questlove, puisqu’elle a notamment fait des backing vocals à l’époque d’Illadelph Halflife puis de Things Fall Apart. Plus récemment, elle a aussi poussé la chansonnette sur Game Theory, le 7è album studio de The Roots sorti en 2006. Si chaque album du groupe a une ambiance bien à lui, l’unité qui ressort de …And Then You Shoot Your Cousin peut renvoyer à celle des vieux films d’horreur. L’atmosphère est souvent pesante, en témoigne la dernière moitié du morceau ‘The Coming’ et ses sons parfois dissonants. Quant au beat hypnotique d’Ahmir ‘Questlove’ Thompson, il fait parfaitement le job.

Si le côté un brin guilleret de la musique classique est palpable au cours de l’album (c’était un peu le cas des derniers titres d’Undun), la fin du CD demeure sombre. Citons le morceau ‘The Dark’ – qui porte bien son nom -, sans oublier les samples obscurs et la réverb de la caisse claire sur ‘The Unraveling’. Je me demande vraiment comment le groupe va interpréter ceux-ci en live, si toutefois ils font partie des setlists à venir. Dans tous les cas, je leur fais confiance pour faire vivre et évoluer leur répertoire dans la bonne direction.

En termes d’écriture, l’album explore différents thèmes (la violence…) à partir de personnages fictionnels. Mais on apprécie surtout l’art de la rime bien trouvée et de la référence bien placée.

“ I’m down to 95 dollars / That’s the extent of my riches / Out of 99 problems, 98 of ‘em is bitches ”

Le genre de phase qui pourrait faire sourire Jay-Z, ou pas…

Enfin, rappelons que l’album est – pour le moment – dispo en streaming gratis par ici. Je dois déjà en être à 15/20 écoutes en deux jours… Bon, l’EP est court cela dit. Bref, j’ai beau avoir déjà vu les loustics en live 4 ou 5 fois, l’envie de m’en reprendre plein les oreilles est toujours aussi forte, surtout s’ils refont des shows de ce calibre en France.

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